Crise des fruits et légumes

Publié le 09/09/2011 à 00H00
Les exonérations de cotisations ne sont pas la solution

Crise des fruits et légumes
Crise des fruits et légumes
Les exonérations de cotisations ne sont pas la solution

 

Communiqué de presse
N° 28-2011

 
 

 

Crise des fruits et légumes
Les exonérations de cotisations ne sont pas la solution

 

 
 

Crise après crise, les producteurs crient leur détresse. Ils stigmatisent les salariés, accusés de coûter trop cher. Ils obtiennent de nouvelles exonérations de cotisations sociales, solution qui n'empêche pas la crise suivante. Si le gouvernement venait à les exonérer totalement de charges sociales, que ne demanderaient-ils pas par la suite ! Voudraient-ils déroger au droit national et communautaire par des accords bilatéraux comme le suggère un bureau d'étude au comité de filière fruits et légumes de FranceAgriMer et instaurer par exemple, comme dans les années 50, un salaire minimum agricole inférieur au salaire minimum interprofessionnel ?

La question du coût du travail en agriculture, et en particulier dans le secteur des fruits et légumes, relève avant tout d'une approche idéologique des employeurs et du ministre, pour expérimenter la TVA sociale en agriculture. Après avoir quasiment supprimé toute cotisation sociale pour l'emploi saisonnier, l'an dernier, le ministre a promis de faire des 'efforts' sur l'emploi permanent de la profession.

 

Sans nier les écarts de coûts du travail, qui d'ailleurs restent à analyser, la FGA-CFDT dénonce les exonérations accordées sans condition au secteur. En cette période de disette budgétaire, ces exonérations relèvent du gaspillage d'argent public faute de réelle volonté de réforme structurelle. Des organisations de producteurs très fragmentées (près de 300 !), des interprofessions qui se déchirent, une productivité à la traîne, des choix de gammes de produits parfois peu judicieux, un manque d'investissement, des consommations intermédiaires élevées : telles sont les causes structurelles des difficultés de la filière. Il faut des interprofessions qui fonctionnent et des exploitants qui se regroupent massivement en organisations de producteurs. La compétitivité du choux fleur français montrée en exemple dans les études de FranceAgriMer est due principalement à une bonne organisation de la filière qui permet, ensuite, de développer sa capacité à conquérir des marchés et aussi de développer de la recherche et l'innovation comme d'obtenir des soutiens publics. Plutôt que de multiplier les plans d'urgence, l'Etat devrait limiter ses soutiens financiers aux seules filières réellement structurées en interprofessions et organisations de producteurs et cibler les investissements.

 

La situation des Pays Bas montre bien qu'un coût du travail plus important qu'ailleurs peut être compensé par une forte organisation des filières et une meilleure productivité. Des solutions existent pour redresser la filière fruits et légumes, encore faudrait-il que les employeurs et le gouvernement aient le courage de faire les bons choix.

 
 

Fait à Paris, le 9 septembre 2011
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