Manifestation agricole du 5 novembre : aucune raison que la FGA-CFDT s'y associe - La FGA CFDT dénonce l'instrumentalisation des salariés

Publié le 06/11/2014 à 18H13
COMMUNIQUE DE PRESSE N° 27 - 2014 Les syndicats agricoles majoritaires organisent une journée d’action le 5 novembre prochain et font pression sur les directions des entreprises proches pour qu'elles s'y associent. Si la MSA a clairement refusé de fermer ses locaux, l'APCA fait passer ce mot d’ordre de fermer l’accès au public des Chambres d’agriculture en protestation des coupes budgétaires. Cela s'accompagne localement d'une pression sur les salariés pour qu'ils posent un jour de congés ou arrêtent leur travail.

Si les syndicats agricoles sont légitimes à mener des actions syndicales, il faut tout d’abord souhaiter que celles-ci se déroulent dans le respect des biens et des personnes. Différents événements récents en Bretagne ou ailleurs, apportent malheureusement la preuve que les manifestations d’agriculteurs peuvent rimer avec violences et dégradations.
Il faut ensuite regarder la plateforme revendicative de ces organisations. Il est clair que leurs combats ne sont pas les nôtres puisqu'ils portent entre autres sur la TVA sociale, le maintien des exonérations des saisonniers agricoles et l'exemption pour l’agriculture de la mise en place du compte pénibilité. La FGA-CFDT est en opposition totale avec ces revendications.
Quant aux questions budgétaires des Chambres, elles ne figurent pas dans leurs revendications. En se joignant aux syndicats agricoles, les employeurs des Chambres d’agriculture s’inscrivent dans la confusion des genres et vont plutôt contribuer à décrédibiliser les Chambres d’agriculture tant auprès des agriculteurs que des Pouvoirs Publics.
La FGA-CFDT, qui n'a pas été contactée par les organisations agricoles, ne voit donc pas quel intérêt il y a, pour les salariés en général, et ceux des Chambres d’agriculture en particulier, à s’inscrire dans le mot d’ordre des syndicats agricoles.

Quelques précisions sur les Chambres d’agriculture

Si la FGA-CFDT s'inquiète du budget des Chambres d'agriculture avec la baisse de la TATFNB (taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti) et la ponction pour le budget de l’Etat d’environ 45M € sur le fonds de roulement, elle approuve la mise en place d’un fonds de péréquation et demande que celui-ci soit fléché au moins pour partie au bénéfice des salariés. Sur le budget des Chambres d’agriculture, la FGA-CFDT a proposé aux employeurs une position commune, proposition à laquelle ils n’ont pas donné suite. La FGA-CFDT agit en interpellant les parlementaires par l’intermédiaire de ses sections syndicales et par des échanges avec le cabinet du ministre de l’Agriculture. Il n’y a pour le moment qu’une petite ouverture sur ces questions en matière de fléchage du fond de péréquation, mais rien de concret.
Concernant les instructions des employeurs de fermeture des Chambres d’agriculture, la FGA-CFDT rappelle aux employeurs (tout comme l’a fait la Caisse centrale de la MSA à son réseau) que les Chambres d’agriculture sont des organismes chargés d'une mission de service public et donc soumises à l’obligation d’assurer la permanence et la continuité de ce service public. Ainsi, la Caisse centrale de la MSA affirme « qu’il n’est pas possible d’envisager une fermeture pour faire écho à un mouvement syndical quelles qu’en soient les justifications. »
En outre la fermeture totale de l’établissement est illégale car elle constitue une entrave à la liberté de travail. La liberté du travail serait entravée à coup sûr dans l’hypothèse où une Chambre imposerait à son personnel de ne pas travailler ce jour-là. Quant aux pressions exercées sur les salariés afin qu’ils prennent une journée de congés, elles ne suffisent pas à constituer des entraves à la liberté du travail. Il n’en demeure pas moins que les salariés ne sont nullement tenus d’y céder.

Fait à Paris, le 3 novembre 2014

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