Crise agricole : les exploitants agricoles ne peuvent se dédouaner de leurs responsabilités individuelles et collectives

Publié le 03/09/2015 à 11H30
L’agriculture française traverse une énième crise. Cette année, ce sont les filières d’élevage qui souffrent (viande bovine, porcs et lait).

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 30-2015

 Crise agricole : les exploitants agricoles ne peuvent se dédouaner de leurs responsabilités individuelles et collectives

 

L’agriculture française traverse une énième crise. Cette année, ce sont les filières d’élevage qui souffrent (viande bovine, porcs et lait).

Au-delà des difficultés conjoncturelles, il existe des difficultés structurelles dans l’agriculture et ses différentes filières. De nombreux rapports et études existent sur le sujet, fournissant conseils et préconisations, mais les pistes de travail proposées ne sont pas suffisamment mises en œuvre. Les plans d’action gouvernementaux, réclamés par la profession agricole, se succèdent, mais sont vite oubliés.

Il est à noter que les syndicats et les organisations professionnelles agricoles font preuve d’un certain attentisme lorsqu’il s’agit d’aider les agriculteurs à s’adapter aux attentes des consommateurs et de la société, et à anticiper les évolutions nécessaires aux enjeux agricoles de demain.

Au-delà des aides ponctuelles liées à des crises, comme les 600 millions d’euros de cet été, il faut rappeler que les agriculteurs français bénéficient, chaque année, de nombreux soutiens publics :

  • Plus de 10 milliards d’euros au titre de la PAC.
  • Plus de 110 millions d’euros pour le remboursement de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers.
  • 388 millions d’euros au titre du CICE.
  • Plus de 1,1 milliard d’euros d’allègement des cotisations patronales en raison des mesures du pacte de responsabilité et des exonérations spécifiques pour l’emploi saisonnier.
  • 5 millions d’euros grâce à la suppression progressive de la C3S (Contribution sociale de solidarité des sociétés).
  • 161 millions d’euros de réduction des cotisations famille des exploitants.

La FGA-CFDT ne remet pas en cause le principe des aides à l’agriculture, vu les enjeux de la souveraineté alimentaire mais, pour elle, cela engage les agriculteurs à l’exemplarité.

Les agriculteurs ne peuvent se dédouaner continuellement de toute responsabilité.

La FGA-CFDT comprend le désarroi et les inquiétudes des agriculteurs devant leurs difficultés de commercialisation, leurs problèmes d’endettement comme de revenu. Cependant, devant la répétition des crises, elle s’interroge sur les responsabilités individuelles des agriculteurs en tant que chef d’entreprise, mais aussi collectives.

Chaque crise agricole rappelle que la question de l’organisation des filières, « de la fourche à la fourchette », est centrale à la compétitivité des secteurs. Chaque maillon de la filière a ses difficultés, ses problématiques et sa part de responsabilité dans la situation actuelle. Mais le « chacun pour soi » n’est qu’une option de court terme. Sur le long terme, c’est destructeur de valeurs, d’emplois, d’entreprises.

Pour la FGA-CFDT, il faut mettre en place des stratégies commerciales d’entreprise et de filière pour valoriser les produits français. La qualité et la traçabilité doivent devenir des critères différenciant majeurs dans les actes d’achat des consommateurs.

Pour cela, il est nécessaire que les produits français répondent aux demandes actuelles des consommateurs et des marchés et il faut anticiper les demandes futures.
Il est plus que jamais nécessaire d’innover. La création de produits bien valorisés est la condition primordiale pour que chaque acteur de la filière soit bien rémunéré.

Pour la FGA-CFDT, c’est ainsi que l’on maintiendra les activités et que l’on développera les emplois.

 

 

Fait à Paris, le 3 septembre 2015
Contacts
Betty HERVE, secrétaire nationale : 06.88.39.34.74
Presse : 06.89.04.25.27