Emploi en agriculture et en agroalimentaire : attirer, fidéliser, reconnaître
L’Académie d’Agriculture de France a consacré une séance de travail à un sujet essentiel : l’emploi en agriculture et en industrie agroalimentaire. C’est une initiative importante, car ces enjeux sont souvent abordés sous un angle strictement économique ou productif, alors qu’ils sont d’abord humains.
À cette occasion, Gaël David, secrétaire fédéral CFDT Agri-Agro, du pôle prospective et stratégie économique, est intervenu pour porter la voix des salariés et rappeler les conditions indispensables pour rendre ces métiers attractifs et durables.
Après une présentation quantitative (tendances, chiffres, tensions sur le recrutement), les échanges ont permis de remettre au centre celles et ceux qui font vivre nos filières au quotidien : des femmes et des hommes, travailleurs essentiels, sans lesquels il n’y a ni production agricole, ni transformation, ni alimentation.
Un constat commun : des difficultés à attirer et fidéliser
Agriculture et industrie agroalimentaire partagent aujourd’hui un même constat : malgré l’importance stratégique de ces secteurs, l’attractivité reste fragile et la fidélisation des salarié·es demeure difficile.
Dans un contexte de précarisation, de pénibilité, de contraintes saisonnières ou d’horaires atypiques, la question du travail devient centrale.
Quatre priorités pour agir
Les échanges ont mis en évidence quatre points essentiels, qui constituent autant de leviers pour répondre à la crise d’attractivité.
1) Donner du sens au travail
Il est urgent de redonner du sens et de la visibilité aux métiers agricoles et agroalimentaires. Cela passe par un récit positif, qui reconnaît leur utilité sociale : nourrir la population, garantir la sécurité alimentaire, contribuer aux transitions.
2) Améliorer la QVCT (Qualité de vie et conditions de travail)
L’amélioration des conditions de travail est un enjeu majeur d’attractivité.
Cela implique notamment :
- lutter contre la pénibilité,
- réduire l’exposition aux risques, notamment chimiques,
- intégrer une approche “genre” dans l’organisation du travail,
- adapter les pratiques aux effets du dérèglement climatique.
3) Faire évoluer les compétences
Les métiers changent vite : transition agro-écologique, montée du numérique, nouvelles attentes sociétales, évolution des organisations du travail.
Cela suppose d’investir dans :
- la formation,
- la transmission des savoir-faire,
- des parcours professionnels sécurisés.
4) Reconnaître le travail, indispensable pour l’avenir
Enfin, la reconnaissance du travail reste un levier déterminant.
Reconnaissance salariale, reconnaissance des qualifications, reconnaissance des contraintes : sans cela, il sera impossible de stabiliser les équipes, d’attirer durablement et de répondre au défi du renouvellement des générations.
Pour des filières durables, il faut des emplois durables
Les transitions agricoles et alimentaires ne pourront réussir sans celles et ceux qui travaillent dans les champs, les serres, les ateliers, les abattoirs, les laiteries, les usines de transformation.
Pour une agriculture et une industrie agroalimentaire durables, il faut des emplois durables : attractifs, protecteurs et reconnus.